Indigo Côte d'Ivoire

Dans la mesure où il permet à la société de se réinventer, le conflit en lui-même est normal. C'est donc dans le but d'aider les sociétés à travailler à leur réinvention, autrement que par la violence, qu'un groupe de chercheurs a mis en ouvre l'Initiative de Dialogue et Recherche Action pour la Paix en Côte d'Ivoire (Indigo Côte d'Ivoire).

Dans la mesure où il permet à la société de se réinventer, le conflit en lui-même est normal. C’est donc dans le but d’aider les sociétés à travailler à leur réinvention, autrement que par la violence, qu’un groupe de chercheurs a mis en œuvre l’Initiative de Dialogue et Recherche Action pour la Paix en Côte d’Ivoire (Indigo Côte d’Ivoire).

Indigo Côte d’Ivoire est une association apolitique, non confessionnelle et autonome. Elle travaille à promouvoir un dialogue inclusif et participatif comme moyen de rétablissement de la confiance et de la cohésion sociopolitique, en s’appuyant sur la recherche-action participative et la facilitation du dialogue sur des initiatives de construction de la paix et de prévention de conflits. Elle travaille à la promotion de la culture du débat sur les questions liées à la paix, à la gouvernance communautaire du développement et au partage d'expériences avec d'autres initiatives de paix. L’approche d’Indigo Côte d’Ivoire est d’œuvrer à la consolidation de la paix par le biais du renforcement des capacités des sociétés à dépasser leurs divisions internes et gérer leurs conflits sans recourir à la violence ou à la coercition.

Les décennies quatre-vingt-dix et deux-mille ont, en effet, été marquées en Côte d’Ivoire par une exacerbation de la violence politique avant, pendant et après les échéances électorales. Cette excessive « brutalisation » du champ politique a fortement impacté le « vivre-ensemble » à l’échelle locale. En effet, le marketing politique des identités, l’instrumentalisation des clivages socioéconomiques et la compétition mal arbitrée autour et pour l’exploitation des ressources naturelles ou foncières, ont contribué à donner du relief et de l’amplitude aux tensions et conflits de cohabitation inter et intracommunautaires. De la sorte, la solidité du lien social, la qualité de la participation politique des citoyens ainsi que les conditions et moyens d’existence des populations s’en sont trouvés fortement érodés.

Confinées dans des ghettos identitaires et politiques, les communautés ivoiriennes semblent avoir expérimenté durant ces dernières années de crise politico-militaires une certaine forme de déliance sociale extrême. Seulement, ces tensions de cohabitation et les conflits parfois violents qui en émanent ne sont pas toujours eux-mêmes le cœur du problème. Ils ne sont que la face visible de l’iceberg. Ces tensions et conflits sont portés généralement par des facteurs qui sont loin d’être exclusifs à la société ivoirienne. Il s’agit le plus souvent de crises dans la « réinvention de soi » d’une société auxquelles toute collectivité humaine est confrontée, à un moment ou un autre de son histoire. Ce n’est donc pas la crise en soi qui devient alors le problème mais les modalités et l’intelligence sociale déployée pour les prévenir, ou même, les gérer quand elles surviennent.

S’appuyant sur les constats sus-énoncés, et conscients de ce que le conflit peut constituer une opportunité permettant cette « réinvention du soi » sociétal pour toute collectivité humaine dans laquelle il survient ou menace de survenir, un groupe de spécialistes en sciences sociales a décidé de faire sienne la promotion d’une ingénierie sociale capable d’offrir l’occasion à la société ivoirienne de se réinventer en exploitant l’opportunité du conflit. Cette ingénierie particulière part du principe qu’aucune solution aux défis auxquels les sociétés post-conflictuelles sont confrontées ne doit être élaborée, décidée et détenue en dehors desdites sociétés elles-mêmes, afin de pouvoir apporter des remèdes efficaces et durables. Aussi, prévenir, gérer le conflit, construire et consolider la paix impliquent une participation active et constructive de toutes les composantes de la population et, plus particulièrement, des groupes cibles dits ‘à risque’.